La nouvelle a fait les choux gras des réseaux sociaux. C’est aussi de gras dont il est question dans le contrôle fiscal auquel aurait été confronté Samir Nasri en cette année 2026. L’ancien joueur international de Football aurait été confondu par un grand nombre de commandes Deliveroo à une adresse parisienne alors qu’il déclarait être établi à Dubaï.
Si l’affaire prête à sourire, elle révèle un changement de paradigme du côté du Ministère des Finances. Longtemps, le contrôle fiscal a reposé sur des déclarations incohérentes, des dénonciations (un sport très pratiqué en France !) ou l’intuition des inspecteurs.
Le ministère de l’Économie et des Finances, à travers la Direction générale des Finances publiques (DGFiP), utilise désormais l’intelligence artificielle et le data mining pour détecter les comportements fiscaux considérés comme “à risque”.
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– Baghdad Chiji, co-fondateur & Directeur de l’Ingenierie Patrimoniale

Une nouvelle génération de contrôle fiscal
Depuis plusieurs années, la DGFiP développe des outils capables d’analyser des volumes gigantesques de données afin d’identifier automatiquement des anomalies, des incohérences, ou des schémas typiques de fraude.
L’objectif est simple : orienter les contrôles fiscaux vers les dossiers les plus suspects. Selon le ministère de l’Économie, les algorithmes et l’IA ont permis de générer 2,8 milliards d’euros de droits et pénalités notifiés en 2025.
Le “data mining” : le cerveau de la détection
Le cœur du système repose sur ce que l’administration appelle le data mining.
Concrètement, l’administration fiscale croise des milliers d’informations :
- déclarations fiscales
- TVA
- Revenus
- Patrimoine
- Transactions
- Historique des contrôles
- Données d’entreprises
- Informations bancaires
- Et parfois même des données publiques accessibles en ligne.
Ces données sont ensuite analysées par des modèles statistiques et des systèmes d’intelligence artificielle capables de détecter des comportements inhabituels, des écarts statistiques, ou des profils ressemblant à des schémas de fraude déjà connus.
La DGFiP explique utiliser notamment deux programmes : CFVR et Foncier Innovant
“Foncier Innovant” : quand l’IA analyse des images satellites
L’un des projets les plus médiatisés est “Foncier Innovant”. Il consiste à utiliser l’intelligence artificielle pour analyser des images aériennes et détecter des constructions non déclarées.
Oui oui, si vous avez une piscine ou une véranda que vous n’avez pas déclarée et que vous pensiez pouvoir dissimuler, l’IA se chargera de la débusquer sur Google Earth et d’en informer les impôts ! L’algorithme est capable de comparer les images satellites avec les déclarations cadastrales afin d’identifier les anomalies potentielles. L’objectif est clair : repérer les biens susceptibles d’échapper à l’impôt foncier…


Une IA qui cible désormais une grande partie des contrôles
L’utilisation de l’IA n’est plus marginale. Selon plusieurs sources officielles et parlementaires :
- l’analyse algorithmique est aujourd’hui à l’origine d’environ 50 % des contrôles fiscaux des particuliers,
- et d’une part encore plus importante concernant certaines entreprises
Le ministère affirme que cette approche permet d’améliorer l’efficacité, d’éviter des contrôles inutiles, et de concentrer les ressources humaines sur les dossiers les plus sensibles.
Une efficacité impressionnante… mais aussi des inquiétudes
Cette montée en puissance de l’IA soulève toutefois plusieurs questions. Des juristes et spécialistes du droit fiscal s’interrogent notamment sur le risque de biais algorithmiques, la transparence des méthodes utilisées, la présomption de bonne foi du contribuable ou encore le risque d’erreurs dans les ciblages automatisés.
Certains experts rappellent qu’un comportement “atypique” n’est pas nécessairement frauduleux. Mais dans un système piloté par la donnée, sortir des standards statistiques peut suffire à déclencher un contrôle.
Ce qui change pour les clients abtal
Le contrôle fiscal moderne n’attend plus forcément une dénonciation, une erreur visible ou un contrôle aléatoire. Aujourd’hui, ce sont souvent les algorithmes qui décident quels dossiers méritent une attention particulière. Cela signifie que la cohérence globale des déclarations devient essentielle, les flux financiers sont davantage analysés et les incohérences patrimoniales peuvent être détectées plus rapidement qu’auparavant.
Soyons aussi conscients d’une chose, les algorithmes ne sont pas neutres. Ils sont développés par les humains et peuvent intégrer les mêmes biais d’analyse en fonction de critères notamment de genre ou d’ethnies. Dans un contexte où les sportifs de haut niveau et les entrepreneurs à succès qui ne sortent pas du sérail peuvent déranger, nous ne pouvons que vous inviter à redoubler de vigilance.
La conformité à l’éthique exige une transparence totale avec l’administration fiscale mais des erreurs peuvent toujours survenir. C’est la raison pour laquelle chez abtal, nous proposons à nos clients un service premium d’accompagnement à la déclaration de revenus.
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